ECTAdapt : Développement d’une méthodologie transfrontalière pour l’élaboration de plans locaux d’adaptation au changement climatique et expérimentation dans 2 collectivités pilotes françaises

Projet : Développer une méthodologie transfrontalière pour l’élaboration de plans locaux d’adaptation au changement climatique (PLACC) et l’expérimenter auprès de collectivités pilotes

Client : Conseil départemental des Pyrénées Orientales

Catégories : Etude de vulnérabilité, Adaptation au changement climatique

Date de début : février 2019

Date de fin : décembre 2019

Notre partenaire sur le projet : ACTERRA

L'OBJECTIF

Concevoir, développer et tester une méthode pédagogique et appropriable (et compatible avec la Convention des Maires) pour permettre aux collectivités de l’Espace Catalan Transfrontalier d’élaborer leur plan local d’adaptation au changement climatique (PLACC) en autonomie.  

Grâce à cette méthode, les collectivités sont en mesure de :

  1. Comprendre la vulnérabilité de leur territoire
  2. Identifier les impacts prioritaires du changement climatique sur celui-ci
  3. Elaborer une stratégie qui leur ressemble
  4. Faire les premiers pas dans l’adaptation avec un pool d’actions immédiates simples à mettre en œuvre
  5. Engager la commune dans le moyen-long terme via des actions plus ambitieuses

L’efficacité de la méthode a été prouvée avec un « test grandeur nature » lors de l’épisode cévenole des 22 et 23 octobre 2019. A Port-Vendres, « on était prêts, chacun savait ce qu’il avait à faire dès le matin, toutes les buses étaient propres, on a fermé les passages à gué sans se poser de questions… » et à Alénya, « grâce au curage des fossés, on n’a pas été inondé alors qu’ils l’ont été dans la commune voisine ».

L'APPROCHE DE CAC

L’élaboration d’une méthodologie transfrontalière

 

Le guide méthodologique se compose de deux sections : un manuel et une boîte à outils, destinés à faciliter le travail de l’équipe adaptation.

 

Le manuel décrit cinq parties reprenant les étapes du cycle de l’adaptation telles qu’elles sont abordées dans la matrice de la Convention des Maires. Chaque étape se décline en deux ou trois sous-étapes. Pour chacune d’entre elles, le manuel explicite clairement le défi à relever et les points clés de compréhension pour relever ce défi.

 

La boîte à outils propose trois types d’outils (techniques, « coup de pouce » ou ressources – voir photo 1), supports concrets pour cheminer vers la stratégie et le plan d’actions.

 

 

Le coaching

 

Côté français, nous avons testé la méthode auprès de deux communes, Port-Vendres et Alénya, pilotes en matière de développement durable et volontaires pour « tenter l’aventure » de l’adaptation.

 

L’esprit de la méthode étant que la collectivité, quelle que soit sa taille, réalise son PLACC en relative autonomie, nous avons mis en place un « coaching » resserré pour accompagner Port-Vendres et Alenya à élaborer la stratégie d’adaptation qui leur ressemble. Pour cela se sont succédés des temps collectifs de prise en main de la méthode (comme par exemple, la co-construction des arbres à solutions, socles de la stratégie, voir photo 2), des temps de coaching individuel, des temps de travaille en interne à la collectivité et enfin des temps de retour d’expérience transfrontaliers (voir photo 3).

LES RÉSULTATS

Les résultats opérationnels

Les équipes de Port-Vendres et Alénya ont désormais une stratégie d’adaptation au changement climatique incarnée, qui leur ressemble, qu’elles souhaitent porter et dont elles sont fières. Cette stratégie est assortie d’actions concrètes :

  • Un premier pool d’actions de « court terme », quasi-immédiates, relativement simples à mettre en œuvre et s’intégrant généralement dans les politiques existantes. Même si leur niveau d’ambition peut sembler limité au regard des enjeux à long terme, ces actions sont fondatrices car elles constituent véritablement les premiers pas vers l’adaptation de la commune au changement climatique, elles sont la preuve de son engagement et elles obligent, d’une certaine manière, à aller plus loin.
  • Un second pool d’actions de moyen-long terme, souvent plus ambitieuses, qui nécessitent un portage / arbitrage politique ou la mobilisation de nouveaux financements. La mention dans le PLACC de ces actions inscrit de fait l’adaptation de la commune dans le moyen-long terme.

 

Les résultats humains

Les résultats humains sont très enthousiasmants et valident la pertinence du « coaching adaptation » : (note : Les verbatim ont été collectés lors d’ateliers de retours d’expérience avec les collectivités accompagnées)

  • Une prise de conscience de l’urgence de se lancer dans l’adaptation (« Allez-y ! C’est urgent ! », « Il faut être rapide »), mais aussi de l’exigence d’une telle démarche (« Il faut y aller mais il faut de la volonté », « il est impératif que le politique porte la démarche »)
  • Un gain en confiance des communes accompagnées dans leur capacité à se saisir de l’adaptation (« l’accompagnement m’a permis de découvrir un monde que j’appréhendais de loin, qui était source d’inquiétude au départ »)
  • La montée en compétences : le sentiment d’autonomie fait l’unanimité chez les collectivités suite à l’accompagnement. Elles se sentent capables de mettre en place une démarche et de suivre son cheminement elles-mêmes (voir photo 4).
  • L’envie d’inscrire l’adaptation communale dans le long terme : les deux collectivités accompagnées ont clairement évoqué l’utilité de consolider leur PLACC dans un document cadre, accessible aux élus, afin de conserver la mémoire du travail effectué et de constituer une feuille de route pour le prochain mandat en cas d’alternance politique.
  • La fierté et l’envie de diffuser : les communes accompagnées ont témoigné d’un sentiment de fierté d’avoir réalisé leur PLACC. En résulte une volonté de communiquer auprès des autres communes pour diffuser la démarche, notamment dans le cadre de l’Association des Maires de France 66 (« si ça marche dans ma petite commune, ça peut marcher dans toutes les communes »). (voir photo 5)